Partager l'article ! Le Conseil d’administration d’EDF doit pouvoir décider le 23 septembre: La tension est montée d’un cran en ce début de semaine dans la c ...
Vu du Conseil d'Administration d'EDF
La tension est montée d’un cran en ce début de semaine dans la course à la Présidence d’EDF. Les pronostics vont bon train, pourtant chacun sait malheureusement que la décision finale viendra d’un seul endroit : l'Elysée.
Je n’ai pas l’intention de participer à quelque polémique que ce soit ni aux paris en cours sur le nom du futur PDG d’EDF. Mais, en tant qu’administrateur je compte bien prendre mes responsabilités le 23 septembre et j’appuierai ma position sur quelques principes qui me semblent importants.
EDF était une grande entreprise électrique française jusqu’à la fin des années 90. Elle est devenue depuis un grand groupe énergétique européen. Ce groupe industriel est heureusement resté public, avec un État français actionnaire à plus de 84%. Compte tenu de sa dimension et des enjeux du secteur, il y a de fortes chances que son principal dirigeant soit très proche de la majorité en place. Ceci étant posé, j’estime que le Conseil d’administration doit pouvoir choisir le PDG en parfaite connaissance des candidats en lice. L’élaboration de ce choix doit pouvoir se faire avec une méthode validée par les administrateurs et à partir de critères précis.
Il y a quelques années, le Président d’EDF était un proche du Président de la République. Ainsi Gilles Ménage (proche de François Mitterrand) ou Edmond Alphandéry (proche de Jacques Chirac) était associé à un Directeur Général issu et bon connaisseur du secteur électrique, respectivement Jean Bergougnoux et Pierre Daurès. L’État pouvait ainsi «placer» un homme de confiance à la tête de l’entreprise. Depuis 1999, EDF a un seul patron qui cumule les deux fonctions de Président et de Directeur Général. Il est donc essentiel que ce PDG soit un réel capitaine d’industrie connaissant bien le secteur, et non un politique purement politicien.
Avant 1999, EDF était en situation de quasi monopole dans un univers très planifié. Aujourd’hui EDF agit dans un environnement qui n’est pas encore stabilisé du point de vue des règles et dont la concurrence s’exacerbe de plus en plus. Le groupe ne peut pas se permettre des semaines d’incertitude comme cela avait été le cas en 2004. Le choix du PDG doit être arrêté par le Conseil d’administration du 23 septembre prochain.
En 2004, il était urgent pour EDF de changer de stratégie. Depuis, le PDG en place, Pierre Gadonneix, a défini avec son Conseil d’administration trois axes stratégiques importants. Le repli sur la plaque européenne est aujourd’hui effectif. La participation au développement du nucléaire à l’international est en cours d'étude ou de mise en oeuvre dans 4 pays. L’ambition d’agir sur la maîtrise de la consommation d’énergie et la production faiblement carbonée par l’utilisation d’Énergies renouvelables doit encore être renforcée. Même si je n’ai pas toujours été d’accord avec la manière de traduire ces axes stratégiques, en particulier au Royaume-Uni, je pense qu’en 2009 il ne doit pas être question de rupture mais au contraire de leur renforcement.
EDF est devenu un des leaders énergétique en Europe. Pour le rester, le groupe devra poursuivre sa politique d’investissements en France comme ailleurs et s’adapter à des réglementations pas encore stabilisés. Il devra aussi, et plus fortement encore qu’hier, s’appuyer sur les valeurs du Service Public dont il est l’acteur central. Enfin le PDG, quel qu’il soit devra, je le souhaite, savoir écouter, parler et entraîner les hommes et les femmes qui font la richesse du groupe EDF. Être PDG d’EDF est donc bien un poste à temps plein et nécessite une forte concentration sur ses missions essentielles.
Derniers Commentaires