Lundi 21 septembre 2009
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Au fil des jours la question de la nomination d'un PDG pour EDF semble se compliquer mais elle démontre surtout
combien l'État français est incohérent, voire, comme me le fait dire l'AFP, inconséquent. En
effet, le principal actionnaire d'EDF savait depuis 5 ans qu'il devrait choisir un PDG avant le 22 novembre 2009 et il savait tout autant qu'un
Conseil d'administration devrait se prononcer sur une liste de 6 administrateurs, parmi lesquels le nouveau Président, une quarantaine de jours
avant l'assemblée Générale des actionnaires fixée au 5 novembre 2009, avec son accord bien sûr.
On ne peut pas dire que l'État français n'ait rien fait puisqu'en mai 2007, l'arrivée de
Jean Pierre Jouyet comme n°2 d'EDF avait été annoncée. Elle n'avait pu se faire puisque celui-ci a été appelé à tenir d'autres fonctions dans
le premier gouvernement mis en place par le Président de la République. Ensuite, courant 2008 la presse s'est fait l'écho de rumeurs
insistantes sur une possible arrivée de Stéphane Richard. Celle-ci n'a visiblement pas pu se faire non plus, toujours d'après la presse, à
cause du précédent créé par la nomination de François Pérol à la tête du groupe Banques Populaires/Caisse d'Epargne. Depuis, plus rien. L'État
a patiemment attendu début septembre pour chercher un successeur à Pierre Gadonneix alors qu'un Conseil était programmé le 10 de ce même mois. Même la séance finalement repoussée au 23 septembre a
été annulée pour être reportée à une date ultérieure.
Quelques années en arrière, EDF était un EPIC (Établissement Public à caractère
Industriel et Commercial) qui agissait en quasi monopole dans le domaine électrique et menait des activités planifiées sur du long terme. Les changements de Président pouvaient alors prendre du temps sans risque pour l'entreprise et ses salariés.
Depuis, sous l'impulsion de la Communauté européenne, et sous la responsabilité de l'État français, EDF
est devenu un groupe coté en Bourse (CAC 40) et agit en concurrence dans le domaine de l'énergie. Ses salariés n'ont
eu d'autre choix que de supporter les conséquences de ces changements à coups de restructurations, filialisations, programmes de productivité, etc.
Le groupe EDF vit maintenant au rythme des notations des agences, des exigences de court terme des
actionnaires, des changements de réglementations, etc. L'échelle de temps n'est donc malheureusement plus la même.
Pourtant L'Etat, lui, continue à faire comme avant. Il prend tout son temps,
s'assoit sur les principes de bonne gouvernance, se prépare à appliquer le fait du Prince, etc.
Finalement, celui qui a imposé les changements est le seul à ne pas en tenir compte. Cette inconséquence ne peut que dégrader un climat social déjà tendu car les salariés ne peuvent pas accepter d'être les seuls à
assumer les conséquences des décisions de ces 10 dernières années.
Nos dirigeants politiques seraient alors bien inspirés d'agir avec un plus de respect pour tous ceux qui font les résultats du groupe.
Par PPesteil
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Publié dans : Actualité
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