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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 12:36

Le Conseil d’administration du dimanche 27 septembre 2009 a décidé de convoquer une Assemblée générale des actionnaires (85% Etat français) d’EDF le 5 novembre prochain. 

Sur proposition de l’Etat, le Conseil a décidé de soumettre au vote de cette assemblée 6 administrateurs. Ensuite un Conseil se réunira le 23 novembre pour proposer son Président, qui devra ensuite être nommé par le Conseil des ministres. Enfin il sera auditionné par la Commission économique de l’Assemblée nationale.


Même si son nom n’est plus un secret pour personne, Henri Proglio ne sera donc PDG d’EDF qu’après le Conseil des ministres qui suivra ce CA du 23 novembre. A 60 ans, il est aujourd'hui PDG du groupe Veolia, Administrateur et Président du comité de la stratégie d’EDF depuis septembre 2004.

Les 5 autres administrateurs que l’Etat a proposé au vote du Conseil sont :

-      Philippe Crouzet, 53 ans, Président du Directoire de Vallourec après un long passage dans le groupe Saint-Gobain, dont la fonction de Directeur Général des Papeteries de Condat (1989-1992),

-      Mireille Faugère, 52 ans, Directrice Générale de la SNCF, entreprise dans laquelle elle a fait toute sa carrière,

-      Lord Michael Jay Of Ewelme, 63 ans, Administrateur de sociétés françaises (Crédit Agricole, Valeo) et membre indépendant de la chambre des Lords et Président de la commission des nominations de cette chambre,

-      Bruno Lafont, 53 ans, PDG du groupe Lafarge et administrateur d’EDF depuis le 20 mai 2008,

-      Pierre Mariani, 53 ans, Patron de la banque Dexia, a été Directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy de 1993 à 1995 lorsque ce dernier était ministre du budget.

En Conseil d’administration je ne suis nullement intervenu sur les personnes, mais simplement sur quelques principes et sur la méthode qui a amené à leur désignation.

Sur les principes, j’ai indiqué que le processus de nomination et les échéances doivent être respectés jusqu'au bout, y compris par le plus haut niveau de l’Etat.

Sur la méthode, j’ai dénoncé cette mascarade organisée par l’Etat à laquelle on a essayé d’associer les administrateurs. Qui a décidé des 6 administrateurs soumis à l’approbation du Conseil ? Certainement pas les administrateurs d’EDF, ni même le comité des nominations et des rémunérations. C’est bien l’Etat dans le plus grand secret, leurs CV nous ont été donnés sur table à peine quelques secondes avant le vote, et après bien des tergiversations. Je me suis élevé contre ce manque à une bonne gouvernance, cette absence de transparence et le peu de respect fait aux personnes sortantes.

Enfin, même si je comprends les enjeux qu’EDF représente pour l’Etat français, et non sans rappeler mon attachement au caractère public de cette entreprise, j’ai dit être indigné par ce «fait du Prince». J’ai bien sûr refusé de participer au vote.

En 2004, les élus locaux et représentants des collectivités territoriales étaient écartées du Conseil d’administration d’EDF. En 2009, ce sont les consommateurs qui n’auront plus de représentants. EDF doit donc redoubler d’écoute envers ces populations qui représentent de grands enjeux pour le groupe, au travers des concessions (hydrauliques et de distribution) et de la concurrence qui s’annonce de plus en plus vive.

 

Le futur PDG d’EDF est, comme je l’avais souhaité, un véritable capitaine d’industrie connaissant bien le secteur dans lequel EDF évolue. Au-delà de l’homme, il s’agit maintenant de savoir quelle feuille de route lui a été confiée et comment il compte la mettre en oeuvre. Il devra rapidement répondre à l’inquiétude légitime des salariés sur le spectre d’un nouveau GDF Suez, puisque la presse évoque un possible rapprochement entre EDF et Veolia. Tout comme il devra très vite dire comment il compte sortir EDF des griffes des suites inquiétantes que le gouvernement semble vouloir donner à la commission Champsaur et qui pourraient être dévastatrices pour notre groupe industriel (voir mon article «Mauvais temps pour EDF»).  
Par PPesteil - Publié dans : Actualité
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Commentaires

Que doit on penser des 6 candidats présentés pour le futur CA ?

Michel
Commentaire n°1 posté par DUBARRY le 02/10/2009 à 17h46
En Conseil d'administration du 27 septembre, je ne me suis pas prononcé sur les candidats pour 2 raisons : j'ai découvert la liste et leur CV à peine 2 minutes avant de voter et j'ai contesté la méthode car irrespectueuse d'une bonne gouvernance. Si je regarde la liste, je constate plusieurs choses :
- elle est principalement constituée de dirigeants d'entreprises,
- elle s'ouvre à l'international et plus particulièrement au Royaume-Uni où les enjeux pour EDF sont très importants,
- elle s'ouvre au secteur bancaire avec l'arrivée du patron de Dexia,
- elle comprend une dirigeante d'entreprise publique, la SNCF, qui est aussi un gros consommateur d'électricité,
- toutes les parties prenantes d'EDF ne seront pas présentes dans le nouveau Conseil puisque ni les élus locaux ou territoriaux, ni les consommateurs ne sont dans cette liste.
Contrairement à moi, le 5 novembre prochain, les actionnaires auront à s'exprimer sur des personnes, plus que sur des principes. Les personnes de cette liste que je connais sont tout à fait respectables et peuvent prétendre à avoir la confiance des actionnaires. J'espère simplement qu'elles sauront gagner aussi celle des salariés, mais ceci est une autre histoire.   
Réponse de PPesteil le 03/10/2009 à 16h35
Respectables !... j'en rigole.
Tous ces HEC et Enarques s'interéchangent dans les différents conseils d'administration des entreprises du CAC40. C'est une des particularités du capitalisme à la française ... quand vous pensez que c'est Daniel Bouton de la Société Générale qui en 2002 présidait un groupe de travail "pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées"!... Les Kerviel et ploutocrates de tous poils n'ont pas de soucis à se faire...à eux les primes exorbitantes, les dividendes et jetons de présence. Ils ne seront pas acculés au suicide comme ces travailleurs respectables eux, de France Télécom ou d'EDF.
Commentaire n°2 posté par Henry le 08/10/2009 à 00h01
M. PROGLIO affichait la volonté de conserver également la gouvernance de VEOLIA (en plus d'EDF) . Où en es-t-on ? Merci pour ta réponse.
Commentaire n°3 posté par delaye nicole le 08/10/2009 à 14h38
Pour l'instant je n'ai comme toi que les journaux pour m'informer. J'espère qu'Henri Proglio en dira plus sur ses intentions rapidement. Je pense qu'il devrait être auditionné par la Commission économique du Parlement avant le 5 novembre. Cette question lui sera inévitablement posée.
Au-delà de son voeu de conserver un poste non exécutif chez Veolia, la question importante est de savoir ce qu'il veut en faire. Si c'est pour faciliter des partenariats entre EDF et Veolia dans les services énergétiques via Dalkia, ce serait intéressant. Si c'est pour envisager une fusion des deux groupes, à l'image de GDF et Suez, alors il faudra se battre contre.
Réponse de PPesteil le 13/10/2009 à 15h13
Bonjour.

Le captage de ces postes stratégiques par des patrons cumulards, avides de pouvoir et pas forcément compétents est tout simplement dégueulasse !
Je regrette également "le dégagement" du représentant des consommateurs ?
Peu de monde s'en sont émus.

Pourquoi ne pas avoir voté CONTRE au lieu de s'abstenir de participer au vote ? Quels auraient été les avantages et inconvénients, s'il y en avait ?

Merci.
Commentaire n°4 posté par Arnaud le 15/10/2009 à 00h16
 
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