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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 15:39

Les Émirats Arabes Unis ont préféré l’offre sud coréenne à celle des français pour leurs premières centrales nucléaires. L'EPR français était pourtant soutenu par EDF, AREVA, Total et GDFSuez. C’est le premier échec de l’EPR sur la scène internationale. La porte laissée ouverte pour l’avenir par les émiriens montre qu’il ne s’explique pas par la seule différence de coût.

Cet échec est à relativiser car Abu Dhabi n’est ni la Chine, où le premier béton d’un EPR vient d’être coulé, ni les Etats-Unis, où un premier projet est en cours d’étude. L’EPR reste le seul outil de la 3ème génération nucléaire qui est en cours de construction, en Finlande avec AREVA et en France avec EDF.

Cet échec pose bien sûr la question de l’organisation de la filière nucléaire française. Quelle idée ont eu AREVA et GDFSuez de se lancer seuls dans cette aventure ? Pourquoi l’État français a t’il autant attendu pour appeler EDF à la rescousse et lui confier in fine le pilotage de l’opération, même s'il apparaissait être partagé avec GDFSuez ? Le groupe EDF a t'il vocation à agir sur ordre de l'Elysée ?
Tout le monde doit méditer autour de cela.

Le groupe Total semble avoir une stratégie claire en matière d’énergie nucléaire, tant sur les pays cible que dans les process industriels tels que la production d’eau douce à partir d’eau de mer ou l’extraction de pétrole à partir de schistes bitumineux.

Il me semble au contraire que GDFSuez aurait tout intérêt à peaufiner la sienne. Ce groupe m’apparaît être le grand perdant du projet émirien. Sans doute que s’affirmer acteur majeur du nucléaire, un peu selon la méthode Coué,  ne lui suffira certainement pas pour entrer dans la cours des grands.

Dès juin 2007, EDF a arrêté une stratégie avec des pays cible (Chine, UK, USA, Italie) et la volonté d’agir avec des partenaires locaux pour asseoir une position industrielle de constructeur et d’exploitant. Abu Dhabi a montré qu’une autre donne est possible et qu’EDF doit y réfléchir. Mais surtout cette opération a montré toute la force de l’EPR Flamanville et le caractère incontournable du groupe EDF en matière nucléaire.

Je suis convaincu qu’AREVA est aussi incontournable qu’EDF à la condition d’agir en complémentarité et non en substitution.

Si parler d’équipe de France avait un sens dans le monde industriel, je proposerais bien alors de la composer autour d’une complémentarité d’objectifs entre EDF et Total, en appui sur les opérateurs essentiels que sont AREVA, Alstom, et les grands du BTP (Bouygues, Vinci, Eiffage).

En attendant, comme administrateur du groupe EDF je défends l’idée qu’il faut rester concentré sur la stratégie arrêtée en juin 2007 par le Conseil d’administration. Ce qui ne doit pas empêcher le Comité de la stratégie d’EDF de plancher sur des options plus globales de partenariats et d’actions.
Par PPesteil - Publié dans : Actualité
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