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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 19:00

Le Conseil d'administration d'EDF a décidé, dans la surprise générale, de proposer au Conseil des ministres de nommer Henri Proglio pour occuper le poste de PDG.
La transition entre le sortant, Pierre Gadonneix, et le nouvel arrivant n'aura finalement pas été très longue puisque ce dernier, sans attendre sa nomination, a fait des déclarations d'importance, au moins sur trois thèmes. Le projet de loi NOME qu'il a qualifié d'absurde, d'ailleurs avec raison. Le nucléaire dont il souhaite voir EDF prendre le leadership, même si c'était déjà un peu le cas. Et l'affichage de sa volonté de faire passer EDF d'une "administration cotée" à une "entreprise". Il est vrai que le précédent PDG a fait passer EDF d'un statut d'EPIC (Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial) à un statut de SA (Société Anonyme), reste à voir quelle différence Henri Proglio met entre une SA cotée et une entreprise.
Au-delà de ces quelques prises de positions dans la presse et d'un article, paru il y a quelques semaines, sur une feuille de route qu'aurait délivrée le premier ministre au futur PDG, le Conseil n'avait absolument aucun autre élément pour déterminer son vote. Estimant que l'actionnaire principal d'EDF aurait pu indiquer bien en amont ce qu'il veut faire de ce groupe, j'ai refusé de voter au nom d'une gouvernance plus transparente et plus respectueuse des parties prenantes.
La CFDT avait émis le souhait de voir arriver à la tête d'EDF un grand industriel, connaissant bien le secteur énergétique. C'est la cas avec Henri Proglio. Il reste maintenant à examiner avec pragmatisme quelles seront ses propositions pour EDF.
Trois sujets me semblent prioritaires :
- ramener EDF, trop financiarisée, vers une logique plus industrielle avec des équilibres entre ses grands métiers que sont la production et la commercialisation, tout en lui conservant un caractère intégré avec la gestion des réseaux.
- retrouver sans perdre de temps le lien social dont toute l'entreprise, du plus haut niveau jusqu'à l'agent d'exécution, a besoin. Cela passe bien sûr par la rémunération de chacun et la qualité de vie au travail, mais aussi par une bonne visibilité de l'avenir en termes de métiers et de compétences.
- s'expliquer rapidement sur son maintien à la Présidence non exécutive de Veolia et sur son projet pour les deux groupes car ces questions traversent la société toute entière.
Enfin j'exprime le vif souhait que le pilotage d'EDF tienne compte du fait que cette entreprise n'est faite ni d'une seule culture, ni d'une seule catégorie de personnel et encore moins d'un seul métier. Elle est au contraire composée d'une grande diversité qui fait sa richesse.
      

Par PPesteil - Publié dans : Actualité
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