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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 21:51

Les événements qui ont frappé le Japon dans le courant de ce mois de mars sont sans précédent. Un tremblement de terre de 9,1 sur l’échelle de Richter, suivi d’un tsunami d'environ 15 mètres de haut étaient inimaginables. Et pourtant, c’est ce qui s’est passé le 11 mars dernier. Deux conséquences ont fait suite à cette catastrophe. D’abord plusieurs dizaines de milliers de morts à déplorer, dont une grande partie reste encore introuvable. Ensuite un accident nucléaire par perte des alimentations électriques et de la source de refroidissement avec lequel nous allons vivre pendant des semaines et des mois.

Le premier réflexe est bien sûr d’avoir une pensée solidaire et attristée pour ce peuple qui vit dans la dignité sa plus grande crise depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ensuite c’est un réflexe de solidarité que doivent avoir les citoyens du monde, les gouvernants et les industriels. Il est heureux que le Japon ait finalement réclamé l’aide d’EDF, d’AREVA et du CEA pour les appuyer dans leur lutte pour éviter une véritable catastrophe pour le monde entier.

Enfin le troisième réflexe est de vérifier que tout ce qui est prévu ailleurs dans le monde permettrait d’éviter le pire. Il est bien sûr trop tôt pour parler de retour d’expérience, le moment viendra de le faire lorsque nous en saurons plus sur ce qui s’est passé sur le site de Fukushima Daiichi. Comme il est trop tôt pour tirer des conclusions qui ne pourraient être que hâtives ou démagogiques sur l’avenir du nucléaire civil.

Il est par contre utile de tirer les premières leçons de cette situation. L’Europe a décidé d’élaborer un programme de «stress tests» sur l’ensemble du parc nucléaire continental. Peut-être est-ce là un premier pas vers l’établissement d’un référentiel de sûreté commun à l’ensemble des États membres. Par une lettre du 1er ministre, le gouvernement français a demandé qu’un audit sûreté soit mené à partir de 5 points : les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et de perte de refroidissement ainsi que la gestion opérationnelle des situations accidentelles.

Cette saisine de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) française est en cohérence avec les premières propositions faites par la Western European Nuclear Regulators’ Association (WENRA) au sujet des «stress tests». Par un courrier les ministres Kosciusko-Moriset et Besson ont immédiatement demandé au Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HCTISN), créé par la loi de juin 2006, de s’assurer que l’action menée par l’ASN soit ouverte et transparente. La CFDT pourra compter sur Gilles Compagnat pour participer activement à ce travail.

C'est donc bien ce travail de fond qui doit devenir la priorité des prochains mois pour EDF, afin de répondre à la volonté européenne des "stress tests", relayée par la France. Ce travail permettra aussi d'apporter des réponses aux questions légitimes que se posent les français et les européens.

Nos dirigeants politiques ont trop souvent habitué la France à user des symboles pour mettre fin à un débat. Sans préjuger du futur, il ne faudrait pas que Fessenheim devienne le symbole qu'on fait tomber pour plaire aux écologistes comme Creys Malville leur a été offert en 1997.

En tant qu'administrateur élu des salariés d'EDF je pense que la France ne pourra pas pour autant s'affranchir du nécessaire débat sur l'avenir énergétique du pays, dans l'Europe et de celui sur une maîtrise publique totale des entreprises de la filière nucléaire car s'il est aussi une leçon à retenir de ce qui se passe au Japon, c'est que le marché et la bourse ne sont pas faits pour s'entendre avec le nucléaire.

Par PPesteil - Publié dans : Actualité
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