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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 06:30
A peine désigné par le Chef de l'Etat français comme PDG d'EDF, la rémunération d'Henri Proglio fait débat. Cette question n'est pourtant pas encore arrivée jusqu'au Conseil d'administration. C'est cette instance qui doit proposer aux ministres de tutelle la rémunération du PDG. Il ne s'agit donc pour l'instant a priori que d'un souhait du nouveau PDG, relayé par le journal Les Echos lundi dernier.
Il y a à peine plus d'un an, des administrateurs CFDT de grands groupes industriels, dont je fais partie, ont signé une tribune en faveur d'une gouvernance plus démocratique faite de la présence d'administrateurs salariés dans les Conseils d'administration et de surveillance et d'une plus grande transparence sur l'établissement de la rémunération des dirigeants.
En effet, la détermination de la rémunération d’un dirigeant doit se faire dans les bonnes règles de gouvernance, donc de manière transparente et avec des critères d’analyse connus de tous les administrateurs.

Ensuite, il y a selon moi trois niveaux d’analyse :

les aspects qualitatifs que sont les critères qui permettront de définir le niveau de rémunération. Ils peuvent n’être que financier (par exemple le niveau des résultats atteints donc du dividende versé aux actionnaires ou l’EBITDA (marge financière) dégagé). Mais, et ce serait mieux, ils peuvent aussi être à caractère industriel ou commercial (par exemple le niveau de sûreté des moyens de production, ou le niveau de la production électrique, ou le niveau de fidélisation des clients) ou bien, et ce serait encore mieux, ils peuvent être à caractère social (par exemple la qualité de vie au travail, le climat social dans l’entreprise, la santé au travail);

le niveau de la rémunération du PDG que je regarde en rapport à ceux qui m’ont élu, les salariés, dont le salaire moyen annuel est d’environ 39 000 € et qui est à comparer à un peu plus de 1 M€ pour le PDG, ce qui rend donc ce dernier inacceptable, même si le salaire du PDG d’EDF reste dans le peloton de queue des patrons du CAC40, et qu'il doit rester dans cette partie-là;

-  le troisième point est celui de l’évolution de la rémunération. Si elle évolue plus vite que le salaire moyen des salariés, alors c’est encore plus inacceptable puisque cela creuse l’écart entre la plus haute rémunération de l’entreprise et la plus basse. Pour 2010, par exemple, la CFDT vient de signer un accord qui prévoit que la rémunération moyenne des salariés de la branche des IEG augmentera de 2,8%, dont 1,2% de manière généralisée. Si la rémunération du PDG d'un groupe comme EDF augmente d’un chiffre supérieur à 2,8% en 2010, on sera dans le cas d’une évolution inacceptable pour moi parce que creusant un écart qui est déjà trop grand, c'est ce que l'AFP a repris dans sa dépêche hier. Si d'aventure le salaire du nouveau PDG d'EDF était en 2010 le même que celui du PDG de Veolia en 2009, cela représenterait une augmentation alors supérieure à 40%, à comparer à la moyenne de 2,8% pour les salariés. 

Enfin, il ne faut pas négliger un aspect qui est que EDF se trouve à la croisée des chemins entre une entreprise publique dont le salaire du PDG est en toute fin décidé par les ministres de tutelle et une entreprise du CAC40 pour lesquelles le salaire du PDG est décidé par la gouvernance, Conseil d’administration ou de surveillance.
Le moment venu et en fonction des propositions faites par le comité des rémunérations, je déterminerai mon positionnement avec la plus grande vigilance et m'opposerai s'il le faut.
Par PPesteil - Publié dans : Actualité
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Commentaires

Et si l'on appliquait au PDG d'EDF la règle fixée par G. Mulliez : un rapport de 20 entre le plus bas salaire de l'entreprise et celui du PDG ?

Cela ne doit pas empécher d'autres moyens de rémunération alternatifs : interessement, stock option et autres : mais là pareil : quelle critères de performance y associer ? Et si on demandait un objectif sur le KD du Parc ? Ou sur la tenue du planning de l'EPR ? Histoire de partager tous les mêms contraintes...
Commentaire n°1 posté par Un salarié d'EDF le 30/11/2009 à 10h54
Ce rapport de 20 ramenerait la part fixe du salaire du PDG à environ 390 000 €, ce qui n'est déjà pas mal. Avant 1998, et l'arrivée de F. Roussely à la tête d'EDF, le rapport était largement inférieur à 20 et EDF fonctionnait pour autant très bien.
Les critères que vous proposez sont intéressants à la consition, pour le Kd par exemple, de trouver un moyen de ne pas relier ce critère à l'EBITDA (1 point de Kd = 230M€ d'EBITDA) car on retomberait dans la logique financière du critère.
Réponse de PPesteil le 30/11/2009 à 15h58
A la direction Commerce et en particulier sur les plateaux clientèles où la rémunération est souvent bien loin de cette moyenne, les aspirations de notre nouveau boss en laissent plus d'un "sur le cul" ; l'incompréhension et l'amertume seraient largement partagées en cas de confirmation.
Le Niveau de Rémunération est souvent entre 7 et 11 au bout de 10 ans de boutique. Parfois même moins.
Et ce n'est pas la RDP (prime variable sur résultats) qui mettra du beurre dans les épinards ; elle sert de plus en plus souvent à vivre juste comme il faut, sans faire d'extras.
Commentaire n°2 posté par Arnaud le 02/12/2009 à 06h19
 
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