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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 21:30

L'engagement de la France de mettre en oeuvre une réforme pour aboutir à une Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité (NOME) est chargé de risques pour notre système électrique. La lettre du premier ministre à Nelly Kroes et les différents projets de loi NOME qui circulent le montrent. Vous pouvez en parcourir un ici.

Dès les premières discussions, les dangers pour EDF sont apparus. La CFDT n'a pas manqué de s'exprimer clairement pour dénoncer dans un Communiqué de presse ce qu'elle a appelé un sabordage en règle. D'autres, parlant de spoliation ou disant leur indignation, n'ont pas tardé à la rejoindre.

Avant d'en venir aux risques pour EDF, il faut absolument empêcher ce projet de voir le jour tant il est dangereux pour notre système électrique. C'est ce que j'ai défendu lors d'une précédente expression. Ce sont les fondamentaux de la société française qui sont menacés :

- Dans les années 70 pour sortir de la première crise pétrolière, la France a choisi de se lancer dans la production d'électricité à partir de l'énergie nucléaire. La nation française a alors confié à EDF le soin de construire un parc nucléaire le plus sûr et compétitif possible. Les français ont pu mesurer depuis les bénéfices que la société pouvait en tirer en payant, avec les tarifs réglementés, un des KWh les moins chers d'Europe.
Avec le projet NOME cette "rente nucléaire" serait détournée pour être redirigée vers les fournisseurs d'électricité, concurrents d'EDF. Aucun contrôle ne serait fait sur leur prix de vente aux consommateurs. Ces derniers financeront alors les marges des fournisseurs en payant leur électricité bien plus chère qu'aujourd'hui. C'est bien une valeur essentielle du Service Public de l'électricité qui est menacée.

- Après bien des discussions, des batailles, tout le monde avait enfin convenu qu'il fallait construire une vraie filière industrielle de l'électricité. Celle-ci devait être portée par des entreprises intégrées entre l'amont, la production, et l'aval, la commercialisation.
Avec le projet NOME qui prévoit l'accès à une électricité nucléaire de base peu onéreuse et sur un temps tellement long, c'est ce modèle qui est remis en cause. Car enfin qui investirait dans des moyens de production quand on lui offre une aussi grande facilité ? En fait de filière industrielle, la France prend le risque de se retrouver avec un producteur donnant éternellement le biberon à des sociétés de commercialisation qui chercheront à augmenter leurs marges sur le dos de leurs clients.

- Les équilibres sociaux du monde de l'énergie sont encore fragiles, pour preuve les conflits dans le parc nucléaire et à ERDF au cours du printemps dernier.
Avec le projet de loi NOME nous pourrions assister à des transferts d'emplois sans précédent, avec leurs lots d'inquiétude et de précarisation, sans compter que l'Etat français n'a toujours pas sorti le décret pour permettre aux salariés du commerce de pouvoir profiter du statut des Industries Electriques et Gazières. Nous allons sans doute entrer dans une phase de conflits sociaux sans précédent car en plus quelle motivation pourront bien trouver les salariés du nucléaire à travailler pour se tirer une balle dans le pied.

Avec le projet de loi NOME nous risquerions d'assister au démantèlement de notre système électrique, porteur des valeurs du Service Public. C'est notre modèle industriel, économique et social que ceux qui porteront le projet NOME voudront détruire. Avant de parler du bon niveau de prix du "régulé amont", battons nous pour conserver nos fondamentaux en empêchant la poursuite de ce projet.

Par PPesteil - Publié dans : Actualité
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