La théorie
Sur ce point
aussi, il y a la théorie et la pratique. Pour la
théorie, la lecture des
articles L225-17 à L225-56 du Code du Commerce vous dira tout, mais c’est long et plutôt ennuyeux. En résumé, une fois entrédans un
Conseil d’Administration, un administrateur doit s’informer pour analyser
le contexte de la société, de sa gouvernance et recueillir l’information nécessaire à son mandat. Il doit ensuite contribuer aux travaux du Conseil en préparant ses dossiers et en prenant part aux échanges qui l’amèneront à prendre ses
décisions. Il doit participer à l’évaluation du fonctionnement du Conseil. Il doit
savoir enfin, le moment venu, quitter le
Conseil avant de devenir un «sénateur» de l’entreprise. C’est une boucle dans laquelle il doit s’inscrire. Celle-ci est décrite en détail dans le
Vade-mecum de l’administrateur, visible sur le site le l’Institut Français des
Administrateurs (IFA).
La pratique
La seule chose certaine est que le Conseil
d’Administration est une instance à responsabilité collective, sans qu’aucun administrateur ne puisse y échapper. Pour le reste, chacun fait comme
il veut. Certains vont préparer, d’autres moins… Certains vont participer aux échanges, d’autres non… Certains vont expliquer leur vote, d’autre non… Certains vont revenir sur des sujets car non
satisfaits des réponses apportées, d’autres non… mais tous les administrateurs seront dans le même bateau lorsque la décision est
prise. Mais qui commande dans un groupe industriel comme EDF ? Les Echos du 25 mars
2009 semblent avoir trouvé la réponse : c’est à l’Elysée que se prennent la plupart des grandes
décisions !
Faut-il pour autant baisser les bras ? Bien sûr que non, il reste tant à faire.
L’administrateur
salarié
C'est un administrateur comme les autres
Il doit bien sûr remplir la mission pour laquelle il a été élu,
pour trois raisons essentielles. Par respect pour ceux qui lui ont confié mandat (les salariés) pour faire entendre leurs points de vue lorsque la stratégie du groupe est discutée. Parce qu’il a une
responsabilité individuelle qui l’expose au pénal s’il divulgue des informations confidentielles ou s’il s’expose au délit d’initié. Enfin,
la collégialité du Conseil doit l’amener à exposer les
risques et opportunités que présentent les opérations proposées par les dirigeants. Mais il est un administrateur à part, sûrement le plus
indépendant du Conseil.
C'est un porteur d’un autre éclairage
L'administrateur salarié parle d’industriel, de
social, de long terme quand d’autres parlent de ratios financiers, de marges brutes ou de profits à court terme. Il met en avant l’emploi, les compétences,
les efforts réalisés par les salariés pour participer aux réussites du groupe. L’administrateur salarié parle d’humain, de qualité de vie au travail, d’équilibre entre temps travaillé et temps personnel. En
toute transparence et honnêteté, il doit rendre compte de ses travaux aux salariés, leur faire part de
ses votes et de leurs justifications.
C'est un chercheur d'évolutions
L’administrateur salarié cherche à obtenir des évolutions pour
recentrer l’activité autour de l’intérêt industriel et celui de toutes les parties prenantes, en
premier lieu les salariés. Il veille à l’intégration de la Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE)
dans les perspectives industrielles pendant que d’autres, calculettes en mains, examineront les TRI, ROCE et compagnie. Il place la sûreté, la sécurité, la
protection de l’environnement au cœur de sa réflexion pour faire avancer ces notions dans le Conseil. Il servira l’intérêt général en
plaidant pour une meilleure qualité du Service Public, pour la protection des clients et des prestataires, pour que les salariés se sentent bien
dans leur travail. Contrecarrer la dérive financière du groupe par son action et ses convictions, telle est la position qu’avec quelques collègues administrateurs salariés CFDT nous avons défendue dans une tribune qui commence à porter ses fruits.
C'est une éclaireur
Par les compétences et l’expérience qu’il acquiert au fur et à mesure de son mandat, et par les connaissances qu’il accumule, l’administrateur salarié devient un éclaireur pour l’organisation syndicale qui le parraine. Il va pouvoir
traiter des problèmes d’envergures nationale ou internationale sur des sujets tels que le Service Public, la
politique énergétique à l’échelle du continent, les tarifs et les prix de l’énergie, les phénomènes de concentration et d’extension des grands groupes industriels et bien d’autres encore, qui
touchent de toutes les façons à la qualité de nos vies quotidiennes.